Prévenir et soigner le mildiou des tomates


Prévenir et soigner le mildiou des tomates

15 juillet 2015 |   Auteur: Jenny Gloster 

Alerte au mildiou !

J’ai déjà publié un article consacré au mildiou des tomates en 2012. Le sujet est tellement important pour moi que j’y reviens.
Faire pousser les tomates serait trop facile s’il n’y avait pas ce maudit mildiou !
Le mildiou peut être vraiment dévastateur. Je me rappelle très bien d’une année ou le mildiou a été terrible dans mon jardin, il y a longtemps, à une époque où je n’utilisais pas encore toutes les méthodes que j’ai présentée dans 55 conseils pour réussir la culture de tomates. J’avais l’impression qu’on m’avait jeté un sort ! Tous mes beaux plants étaient devenus moches et marrons foncés en si peu de temps. La déception totale !



Comme beaucoup de jardiniers habitant en Bretagne, ça fait longtemps que je n’ose plus faire pousser les tomates dehors à cause de cette maladie, mais même sous serre, à l’abri de la pluie, il y a toujours un risque de le ‘chopper’.
Je trouve que c’est effectivement à cette époque (mi-juillet) que le risque est le plus élevé. Les températures se trouvent souvent autour de 20°C et puis il suffit d’un peu d’humidité dans l’air, après la pluie par exemple, pour que les conditions soient parfaites pour le mildiou.

Comment détecter le mildiou : Les premiers signes

mildiou de la tomate
Le mildiou est, de loin, le problème principal de la culture de la tomate

Le mildiou démarre par un tâche marron/grise sur la feuille. On les voit d’abord sur le dessous de la feuille ou sur le bord

Comment prévenir le mildiou ?

Je ne sais pas s’il est possible de l’éviter à 100 % mais comme pour toutes maladies, la prévention est mieux que le remède et heureusement il y a de nombreuses précautions à prendre pour limiter le risque. Dans l’article ‘les 47 erreurs àéviter dans la culture des tomates‘ (c’est effectivement 47 coups de bâton sur la tête !) vous trouverez pleins de conseils mais, il y a quelques facteurs primordiaux qui, pour moi, font toute la différence :
– Une aération autour des plants – ça fait très mal au cœur d’enlever de belles feuilles saines mais parfois, si les feuilles sont trop nombreuses et un peu les unes sur les autres, j’enlève quelques feuilles pour que l’air puisse bien circuler et garder les feuilles bien sèches.

– Pailler autour des pieds – ceci apporte plusieurs avantages :

– Cela garde l’humidité dans le sol donc on arrose moins
– Comme il y a moins d’évaporation j’ai l’impression qu’il y a généralement moins d’humidité dans l’air sous serre.
– Le paillage empêche la poussière et les éclaboussures lors de l’arrosage

Comment traiter le mildiou ?

J’utilise le bicarbonate de soude : J’ai réellement l’impression que cela marche. Je l’utilise à la fois en préventif et en curatif.
Tous les 10 jours environ (à partir de début juillet), je pulvérise les plants, avec ce mélange:

1 cuillère à café de bicarbonate de soude.
1/2 cuillère à café de liquide vaisselle
1 litre d’eau

Je fais cette opération assez tôt le matin au lieu du soir pour que les feuilles sèchent rapidement.
Le bicarbonate de soude est un produit 100% naturel que l’on utilise d’ailleurs en cuisine. Pour information on peut parler indifféremment de bicarbonate de soude ou de bicarbonate de sodium.



Je n’utilise pas la bouillie bordelaise.

Pourquoi pas de la bouillie bordelaise ? Je préfère ne pas utiliser ce produit à base de cuivre parce que même si le cuivre est ‘naturel’ il s’accumule dans la terre et peut s’avérer nocif pour les vers de terres. En plus, je trouve presque impossible de la pulvériser uniquement sur les feuilles sans que le produit ne se trouve sur les tomates qui se développent ! Même si on les lave, ça ne donne pas trop envie de les manger.

Pour gérer le mildiou la vigilance s’impose.

Cela vaut carrément le coup de bien inspecter les feuilles. Je le fais systématiquement quand j’arrose ou pendant la récolte (à la limite, dans mon cas, on pourrait parler de TOC : Trouble Obsessionnel Compulsif). Mais ça permet de détecter les premières signes et de réagir rapidement en enlevant la/les feuilles atteintes.

Il vaut mieux enlever les feuilles atteintes tout de suite pour limiter que les spores ne se propagent. Ensuite je traite de nouveau avec le bicarbonate de soude, en curatif cette fois. Même si ce produit est sans doute plus efficace en prévention, je pense qu’il ralentit, aussi, la progression du mildiou (installé).

l’aspirine contre le mildiou !

Apparemment des essaies scientifiques ont montré que l’aspirine peut réduire le risque de mildiou de 47%  : voici un lien qui en parle en français  :https://laurencekt.wordpress.com/2014/05/11/jardin-boostez-vos-tomates-avec-de-laspirine

Je ne sais pas si l’aspirine est utilisable en bio et si ce traitement est efficace.  Si vous avez des idées ou des expériences là dessus, merci de me tenir au courant !



25 Commentaires

  • Yvon dit

    Bonjour Jenny,
    Je n’ai pas trop de soucis avec le mildiou des tomates.
    En effet, j’ai la chance d’avoir une serre assez grande dans laquelle je les cultive toutes. Et, lorsqu’il fait chaud, j’ouvre un peu la serre, juste pour l’aérer mais pas trop afin de laisser monter la température. Et quand il fait 35/40°C, il me semble que cela fait beaucoup de mal au mildiou qui disparaît. CQFD!
    Amicalement!
    Yvon.

  • Daniel dit

    Salut Jenny

    Le mildiou en lorraine est une catastrophe depuis maintenant dix ans.
    L’année dernière a été la pire et pourtant je fais attention à mes plants.

  • Réjane dit

    Et que pensez-vous du purin de prêle, pulvérisé à 20%, en prévention ?

  • lili dit

    Le bicarbonate m’a sauvé ma récolte il y a quelques années et j’y avais ajouté une décoction de feuilles de sauges.ça avait arrêté nette la progression de la maladie: les endroits touchés été devenus secs et friable en une journée, les feuilles restantes et les nouvelles étaient d’un vert éclatant de bonne santé quelques jours après.
    Le bicarbonate est LA solution éco-logie et -nomique par excellence !

  • Didier dit

    Je ne pense pas que l’aspirine soit acceptée en « bio », selon le principe général que le « bio » accepte l’utilisation de produits naturels = qu’on trouve dans la nature (à ce titre, le sulfate de cuivre, bien que « nocif » notamment à la vie du sol – je te rejoins 100 % là-dessus – est autorisé ou encore le phosphate de fer – « Ferramol » – comme anti-limace – ou le pyrèthre naturel comme insecticide malgré son large spectre très destructeur – mais pas les pyrethrinoïdes de synthèse, moins toxiques !).

    Des décoctions d’écorce de saule (dont on a, à l’origine, extrait l’acide salicylique – dont on a dérivé la matière active de synthèse de l’aspirine = acide acétylsalicylique) le seraient sans doute… Mais combien en faudrait-il ??? Et ce serait vache pour les saules !

  • Greg dit

    super idée la bicarbonate de soude je vais essayer chez moi pour voir!

  • 321zorro dit

    La seule solution qui a marché chez moi en curatif est le purin de laurier et d’ail. PAs mal du tout. Mais ça pue! ^^

  • Didier dit

    Plutôt que le bicarbonate de sodium, optez, si vous pouvez (si vous en trouvez) pour du bicarbonate de potassium. Le sodium n’est pas bon pour le sol ; le potassium est un élément fertilisant, donc utile.

    Voir : http://www.compagnie-bicarbonate.com/bicarbonate-de-potassium-alimentaire-sac-25kg.html

    Je viens de « tomber » sur ces essais d’alternatives au cuivre pour lutter contre le midldiou de la vigne. Où on retrouve l’extrait d’écorce de saule, mais aussi l’extrait de Yucca et quelques autres produits : http://www.itab.asso.fr/downloads/actes%20suite/jt_viti08_bilanrepco.pdf

  • Didier dit

    Encore un détail : je n’ai commencé à traiter qu’à partir de la semaine passée. Jusque là, nous étions en « mode canicule » ici et même au petit matin, il n’y a avait pas de rosée sur l’herbe. Cela a maintenant changé, avec le temps plus lourd, plus orageux…

    Je ne traite qu’à partir du moment où au lever du jour, en marchant dans l’herbe, j’ai les chaussures (ou sandales !) mouillées. Alors, les deux conditions à la germination des spores (température suffisante ET goutelletes d’eau) sont réunies sur les feuilles basses des pieds de tomate…

    Ce « test » assez simple permet de ne pas se fatiguer pour rien…

  • Belpaire Daniel dit

    L’an dernier et cette année, j’ai semé et planté 5 – 6 variétés différentes de tomates, soit au total 36 pieds. Comme l’année dernière, j’ai utilisé cette année à nouveau le purin de prêles à raison d’une fois par semaine et malgré que les pieds de tomates sont à l’extérieur, je n’ai jusqu’à ce jour (mi-septembre) aucune attaque du mildiou. Est-ce un hasard ? En tout cas le produit ne coûte rien et pour moi je le juge efficace.

  • Mathias dit

    Coucou,
    Ça fait trois années que je récupère mes graines de green zébra. Cette année, ça a bien été ravagé part le mildiou. Est ce que les graines des fruits infecté sont utilisable pour faire des semis l’année prochaine?
    Merci
    Salutations

  • dagonet dit

    Bonjour

    Pour récupérer les graines: il faut des fruits sains, sans maladies, ni taches.
    Ca évite d’avoir des plants fragiles et qui attraperont les maladies l’année prochaine.
    Désolée pour vos graines. J’ai découvert la green zebra cet été et trouve qu’elle est
    succulente. J’en referai
    bonne journée

  • Jenny Gloster dit

    @tous, merci pour tous vos commentaires, merci pour vos partages d’expériences, c’est vraiment très intéressant. Pour ma part je pense qu’il y a 3 choses principales : 1 cultiver en serre, la température règle presque tous les problèmes de mildiou, 2 : utiliser la consoude en fertilisation (une plante bien nourrie se porte mieux) et 3 : utiliser le bicarbonate de soude.

    @ Réjane – Je n’ai pas encore essayé le purin de prèle mais il parait que c’est efficace

    @ Didier- merci pour les précisions

    @ Mathias – Je suis du même avis que Dagonet – je récupere les graines uniquement des plants sains.

    @ Greg – J’espère que cela a marché
    Jenny

  • Sylvie dit

    Bonjour Jenny,
    en Belgique comme en Bretagne il peut y avoir de grands ecarts de températures, en plus de l’humidité: une aubène pour le Mildiou. Nos tomates poussent au jardin sous un abri plastique qui couvre seulement le tiers supérieur de la plante. Nous non plus, nous n’aspergeons pas nos plants de légumes.
    Pour les tomates nous avons essayé un truc épatant : nous passons un mini fil de cuivre (2cm récupéré sur une vieille ralonge électrique) à travers la tige, à la base de chaque plan de tomates et fini les maladies. Sans doute des microparticules de cuivre se répandent avec la sève mais la quantité qui arrive aux fruits est infime.
    nous avons également essayé ce système sur les courgettes – merveilleux!
    Sylvie

  • Muriel dit

    Bonjour,

    J’ai suivi vos conseils et je pense aussi que le bicarbonate fonctionne en curatif. Ici, le mildiou est arrivé fin août, j’ai perdu 2 pieds en un éclair. J’ai traité les autres, 2 fois à 3/4 jours d’intervalle et la maladie a été considérablement ralentie. J’ai encore des pieds en place , les tiges portent les traces de la maladie mais j’ai encore des tomates saines.Compte tenu de la meteo plutôt fraîche en septembre, j’en déduis que le bicarbonate a bien travaillé!

  • Guérandelle dit

    Bonjour,

    je viens de lire avec attention vos commentaires sur le culture et la préservation des tomates contre les maladies. Ces conseils vont m’être utiles pour commencer ma première saison de culture de tomate cette année dans un jardin tout vierge de culture.

    J’ai choisi trois variétés de tomates : grandes, moyennes et petites.
    Pour tester trois modes de culture différents. Le jardin est situé près de Vannes dans le Morbihan. La terre y est humifère et argileuse.
    Mon voisin cultive ses tomates en serre…

    J’ai préparé un premier petit potager de 20m2 environ avec une partie destinée à la permaculture dans le sol et une partie sur butte et une partie du potager en culture ordinaire,mais le tout sans pesticides. Le terrain est légèrement en pente.
    Les tomates pousseront certainement très bien et seront bien exposées.

    Mais, je pense en effet qu’avec un traitement préventif cela sera mieux, je préférais ne pas utiliser de serres,mais je vais peut-être opter pour cette solution après lecture de vos commentaires.

    Pensez-vous que le fait de planter deux variétés de tomates l’une à côté de l’autre n’a aucune incidence sur les maladies ou qu’au contraire cela peut augmenter les risques par exemple.

    Merci

  • Jean-loup dit

    Pouquoil e bicarbonate de soudé marche,tout simplement parce que c’est une « base » et donc l’opposé d’un acide que les champignons adorent.Idem pour le savon,noir ou pas qui sont basiques.
    Le principe est de déposer à la surface des feuilles un milieu basique que les champignons détestent.
    Quant à l’aspirine, qui est acide…mmmm je pense que les champignons, donc le mildiou, risquent de fortement apprécier. (« Acide » acétyl salicylique…)

  • Jenny Gloster dit

    @ Sylvie – Merci pour votre témoignage sur le fil de cuivre. Les avis sont assez partagés sur cette technique.

    @ Muriel – C’est encourageant de savoir que vous avez constaté que le bicarbonate a eu un effet curatif chez vous.

    @ Guérandelle  Personnellement je mélange les variétés – je n’ai pas, pour l’instant, constaté que cela augmente les risques de mildiou.

    @ Jean loup-merci pour ces informations.

    Jenny

  • P Tremblay dit

    Idée pour planter et attacher les plants de tomates:

    http://www.france-jardinage.com/jardin-potager/

  • titof006 dit

    Bonjour,
    Attention en serre à ne pas confondre le mildiou et le Botrytis: je n’ai jamais eu de mildiou en serre mais bien de la fusariose et le virus de la mosaïque;
    Gérer l’excès d’humidité est essentiel : donc travailler en paillage épais avec un minimum d’arrosage, placer une bouteille inversée avec bouchon percé et coupée au cul comme réserve d’eau en goutte à goutte qui s’enfonce dans le sol pour arroser au pied de la plante, bien espacer les tomates et retirer les 3 premières feuilles pour avoir une bonne circulation d’air au niveau du sol les années pluvieuses et froides sont un must; Ce qui fonctionne très bien en curatif est un mélange purin d’ortie, de consoude et de prèle (attention dosage), le bicarbonate de soude excellent, l’aspirine en début de saison en préventif et le fil de cuivre qui passe dans la base de la tige.sont aussi de bonnes alternatives (aussi pour courgettes, aubergines, concombre, melon). Par contre votre article ne parle pas 2 choses essentielles selon moi: travailler sur sol vivant en laissant faire la nature et semer à base d’auto-graines adaptées aux conditions locales (graines de 3-4 ans commencent à se montrer beaucoup plus résistantes).Feuilles d’orties dans le trou de plantation et Matière organique laissée en surface sans retourner le sol: aider la pédofaune, les microrganismes et favoriser les échanges avec les fungis qui apporteront les micronutriments nécessaires pour rendre la plante forte et résistante.
    Voilà mon expérience de 30 ans… en espérant être utile.
    Christophe.

  • Jenny Gloster dit

    @ tito f006, merci beaucoup pour tous ces conseils,  c’est très intéressant de savoir que vous trouvez plus de résistance avec les ‘autos-graines’ (les graines que vous avez récoltées) de 3 ou 4 ans.

    Pour ma part j’utilise plutot des feuilles de consoude dans les trous de plantation. L’utilisation à la fois de feuilles d’orties et de feuilles de consoude est aussi une bonne idée

    Jenny

  • DEHARD Christian dit

    Bonjour Jenny,
    Merci de partager ainsi votre bonheur au jardin ! Je suis Belge d’origine et vis depuis 2 ans et demi dans le sud de l’Espagne ( raison de santé ). J’ai fait le tour des jardineries espérant trouver de la consoude bouking, mais, hélas ils n’ont pas ! Auriez-vous la gentillesse de m’en envoyer quelques petits plants, si oui, pourrais-je vous demander également des graines de tomates savoureuses, rien ne vaut le goût en la dégustant directement au jardin !
    Merci de me dire si cela est possible ainsi que me communiquer le prix, frais d’envoi compris SVP?
    En sous souhaitant le meilleur, cordialement, Christian

  • DEHARD Christian dit

    Bonjour Jenny, je m’inquiète car je n’ai reçu aucune réponse à ma demande de consoude, qu’en est-il SVP? Cordialement, Christian mandarine68@outlook.be

  • Jenny Gloster dit

    Bonjour Christian,

    Je suis désolée pour le retard de ma réponse.  Si vous voulez je peux
    vous envoyer des boutures de consoude.  Je prend la ‘couronne’ de la
    racine – cette partie de la racine poussent très bien et rapidement.
    Le prix est 2 euros par racine et le coût d’envoie est 12.15 euros.
    Je vous enverrai avec plaisir, si vous souhaitez, quelques graines
    de mes tomates préférées – ‘gardeners’ delight’ et ‘crimée noire’.
    Cordialement
    Jenny

  • Brégeon dit

    Bonjour

    Tous les 10 jours environ (à partir de début juillet), je pulvérise les plants, avec ce mélange

    1 cuillère à café de bicarbonate de soude.
    1/2 cuillère à café de savon noir liquide
    1 litre d’eau

    Traitement à faire tôt le matin!

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