Le potager économique de Franck


Le potager économique de Franck

17 janvier 2013 |   Auteur: Jenny Gloster 

Franck Terras a écrit un très long commentaire sur mon site, suite à ma série de 4 articles sur le potager économique. J’ai pensé que ce texte méritait de devenir un article à part entière tant il est dense et regorge d’informations pertinentes. Vous trouverez donc ce point de vue très intéressant ci-dessous. Si vous voulez en savoir plus sur Franck Terras, n’hésitez-pas à faire un tour sur son site. Vous pouvez aussi, bien sûr, contester les positions de Franck ou lui demander des informations complémentaires, ce que je ne vais pas manquer de faire moi-même.
Merci à Franck et bonne lecture à tous.
Jenny

La double nécessité de jardiner de façon économique : pourquoi, comment ?

Suite à la série d’article de Jenny sur la rentabilité du potager, j’ai envie de vous parler de la double nécessité de jardiner économique. Pour rendre le potager rentable certes mais surtout pour jardiner en respectant la Nature et l’écosystème qui sert de support à nos cultures. L’occasion m’est donnée de partager mes idées, mon expérience. Merci à Jenny de me permettre de le faire dans son blog !

Cette série d’articles sur la rentabilité du potager prend tout son sens tant l’industrie agronomique veut nous faire croire que l’on ne peut rien cultiver sans avoir recours à ses produits, machines et services. Comment faisaient nos ancêtres avant le début du 20ième siècle ? Ils cultivaient avec la nature… Après la seconde guerre mondiale, il a fallu reconstruire le pays mais aussi l’économie. Par l’avènement de la publicité ; les idées ont évolué, les mentalités ont été manipulées. Nos dirigeants ont permis de recycler des gaz de guerre en pesticide, herbicide, fongicide en conservant ce fameux logo à la tête de mort… Le nitrate que nous utilisons pour nourrir nos végétaux est en réalité de la poudre à canon… Bref, l’Homme a perdu une part de ses instincts de jardiniers et son autonomie…




 

 

Un jardin économique :

économies au potager
Pour réaliser des économies, je ré-utilise, par exemple, les pots de semis

Issue de mon expérience, je milite pour un jardinage économique. Mon jardin me procure des fruits et légumes toute l’année pour moins de 120€. Cette somme est réservée à l’achat de graines anciennes et aux réparations de mes outils manuels. J’ai investi dans un broyeur de végétaux. Je me fais livrer 10 tonnes de fumier de vache par an que j’achète. J’ai banni le motoculteur et les intrants chimiques. Je suis autonome à 90% car il arrive qu’une culture ne donne pas le même résultat d’une année sur l’autre. La nature est ainsi, il faut l’accepter. J’accepte aussi d’abandonner une culture à un parasite pour qu’il ne se propage pas ailleurs. Je fais beaucoup d’expérimentations qui ne sont pas toujours favorables… Donc, j’ai des pertes.

Un jardin économique mais aussi un jardin plaisir et un jardin santé :

En face de ces 120€, il faut mettre dans la balance notre autonomie à 90% pour une famille de 4 personnes à dominante végétarienne, la surproduction de certaines variétés que j’offre à mes voisins et mes amis. Mon excellente santé par l’activité physique raisonnée procurée par le jardinage. Les fruits et légumes naturels dont je tire une satisfaction gustative sans limite, un plaisir certain, une fierté, un bonheur. Une alimentation riche en nutriment, en vitamines en principes actifs naturels utiles à mon organisme… Et le plus important, je m’alimente avec des fruits et des légumes chargés d’un potentiel de vie sans comparaison car ils sont naturels, de saison, et gorgés d’énergie vitale. Cf. Médecine Traditionnelle Chinoise, Les 5 éléments, le Yin et le Yang…

Je suis un jardinier radin (et j’assume) :

Pour atteindre ce résultat et/ou pour que son potager soit rentable, il ne faut pas avoir peur de paraître radin. C’est la première condition car la société de consommation sévit dans tous les secteurs. Je recycle beaucoup de palettes en bois pour le potager en carré, du carton brun et les déchets d’entreprises d’espace vert pour le potager en lasagne… Je n’utilise pas de l’eau de ville pour le jardin, je recycle l’eau de pluie. Je fais mes graines que j’échange, je troque des boutures, des plants… A chaque fois qu’une personne participe à ce cercle vertueux du potager économique, il reçoit en échange un panier de saison du potager : un don de la nature.

Je cultive des plantes « engrais » :

purin de prèle
Pour nourrir et soigner mes plantes j’utilise ortie, consoude, prèle …..

Je cultive aussi toutes les plantes qui me sont utiles pour contrôler les parasites dans mon jardin : absinthe, tanaisie, pissenlit, rue. Je cultive aussi toutes les plantes utiles pour améliorer la vie du sol : orties, consoude, osier… Je fabrique mon compost, mon terreau, mes extraits fermentés, mon BRF. Ce printemps, je teste les jus de compost par exemple…

A juste titre, vous pouvez penser que mon faible investissement financier est compensé par une implication/un temps important. Certes les nouveaux tests, nouveaux aménagements prennent du temps mais une fois réalisés, la phase d’exploitation n’est pas si exigeante en temps. D’année en année, je fais de plus en plus de choses dans un laps de temps identique : ce temps est décomposé en deux parties : conception/construction/expérimentation et réalisation/reproduction/culture. Un phénomène de routine peut s’installer ; les choses vont bon train. Mon jardin ne cesse de s’agrandir sans coûter davantage.

Un potager accessible à tous :

Tout ceci pour vous dire que le potager doit être économique pour produire l’essentiel. En réalité, la culture et la cueillette nous permettent de nous reconnecter au monde vivant et à nos racines. Chaque citoyen doit se réapproprier le monde végétal. Ceci passe par la culture en pot sur un balcon ou derrière une fenêtre, sur une terrasse, un bout de jardin en ville ou à la campagne. Mener une culture potagère est possible en tout lieu… Mener un potager de façon économique et donc naturelle participe à la révolution intellectuelle que les enjeux environnementaux nous imposent.

A bientôt !
Franck Terras
http://www.lesateliersenherbe.com
Vos questions :
http://www.facebook.com/franck.ateliersenherbe




 

 

 

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14 Commentaires

  • Jenny Gloster dit

    Merci Franck pour cet excellent article.

    J’ai plein de questions. Je vais en poser 2 techniques (pour commencer)

    • Je suis accroc aux orties et à la consoude, par contre je n’utilise pas l’osier. Peux tu nous en dire un peu plus. Est-ce l’acide salicylique que tu recherches? Comment utilises-tu cet osier?
    • Comment fabriques tu ton terreau, et est-ce vraiment rentable?

    Merci d’avance pour tes réponses.

    Jenny

  • Pépé dit

    Je n’utilise absolument aucun produit dans mon potager. Jardiner à l’aide de produits chimiques autant ne pas jardiner du tout. Pour moi c’est simplement un plaisir je fais ce que je dois faire au mieux et la nature fait le reste.

  • Atalanta dit

    Merci pour ce témoignage. Cela prouve qu’il est possible d’être autonome. De quelle surface dispose Franck pour nourrir quatre personnes en quasi autonomie?

  • Franck dit

    Merci Atalanta pour ta question.
    Je pratique deux techniques de jardinage : le potager en carré qui occupe environ 75m2; depuis 8 ans et je complète avec un potager en lasagne qui est éphémère de 30m linéaire soit environ 100m2; au total chaque année. Voici un album photo du potager en carré : https://plus.google.com/photos/102801996045659949925/albums/5835999260946044625
    Dans ses 100m2;, je cultive les plantes nécessaires à la santé du potager et qui ne sont pas indigène : ortie, consoude, absinthe, tanaisie et la rue. La prêle et l’ortie pousse non loin. Je cultive également des vivaces aromatiques entre chaque rotation qui s’articule sur 6 ans dans mon organisation du potager en carré. Ces plantes très odorantes ont un effet répulsif sur certains insectes comme la lavande, le romarin, le thym, le fenouil sauvage, l’armoise, l’origan.
    Il y a 3 ans, pour accentuer la pollinisation, nous avons installé une ruche. En échange de 16h de temps/an, nous récoltons 17kg de miel. J’installe également des plantes mélifères pour les abeilles donc dans notre potager il n’y en a pas que pour nous.
    Je donne au minimum 1/5 de ma production.
    A+ Franck

  • Franck dit

    Bonsoir Jenny,
    pour répondre à tes questions techniques, je te propose de faire un article sur l’osier. Je te tiens informé dès qu’il est en ligne afin que tout le monde en profite.
    Concernant le terreau, c’est très simple. J’entrepose du fumier de vache durant 1 ans non loin d’un saule (osier). Le temps fait son action et le système racinaire du saule va décompacter la matière grâce à ses minuscules radicelles. Sur cette superficie, j’y enferme les poules régulièrement au premier printemps et à l’automne. L’été, je mets en place un couvre sol avec des cucurbitacées.Le printemps suivant j’obtiens ainsi un terreau d’une texture remarquable : particules fines, ni trop humide, ni trop sec.
    A+
    Franck

  • Franck dit

    Bonjour Pépé, tu as raison. 
    Bonjour Pépé, tu as raison. La nature s’est très bien de débrouiller sans nous. D’ailleurs nous sommes là grâce à elle est non l’inverse.
    Il faut un maximun de diversité pour atteindre un équilibre qui limite et/ou inhibe beaucoup de maladies et parasites sur une certaine superficie. Sur la nôtre, l’équilibre est stable et je n’utilise aucun intrant chimique.
    Bon jardinage !
    Franck

  • Jenny Gloster dit

    Bonjour à tous,

    @franck, je suis impatient de lire ton article sur l’utilisation de l’osier au jardin.

    Concernant le terreau j’ai encore 2 questions. La réalisation au pied du saule est elle déterminante dans ton processus ou pourrais-tu le faire aussi bien au pied d’un autre arbre? Ce terreau comment l’utilses-tu? et l’utilises-tu pour tes semis en alvéoles et en godets? Pour ma part je cherche à faire des économies au niveau des achats de terreau bio (c’est relativement important dans mon budget car je fais énormément de semis, y compris pour la vente de plants)

    @pépé, merci pour ton commentaire, tu as raison il faut jardiner pour le plaisir et avoir beaucoup de satisfaction à manger des légumes frais et naturels.

    @atalanta, merci pour le commentaire. Pour ma part je ne recherche pas l’autonomie à 100% mais nous n’achetons que très peu de produits alimentaires.

    @Franck, merci pour ta réponse concernant l’utilisation des surfaces. La surface de mon potager est plus grande. Nous avons aussi des ruches mais en 2012 nous avons subi une mortalité importante. Malheureusement il semble que nous ne soyons pas les seuls. Nous avons du « rationner » la consommation de miel!!!

    Bonne journée à tous

    Jenny

     

  • Franck dit

    Bonjour à tous,
    pour la fabrication de mon terreau « maison », je me suis rendu compte que le principe fonctionnait par hasard avec le saule. Je l’ai planté à côté pour une autre raison. La racine du saule est ligneuse et traçante : elle décompacte facilement et efficacement le vieux fumier pour en faire du terreau. Elle peut rester en surface. Les arbres dont les racines ne sont pas ligneuses et traçante ne doivent pas avoir le même effet.
    J’utilise ce terreau pour mes semis sans autre apport. Je fais des semis en godet, en barquette et dans un bac sur une table spécialement aménagée pour cela.
    Comme promis, voici le lien vers l’article qui présente les différentes utilisations que je fais du saule ou plutôt de l’osier : http://www.lesateliersenherbe.com/utilisation-de-losier-au-jardin-potager/
    A bientôt !
    Franck des Ateliers en Herbe

  • Jenny Gloster dit

    Bonjour Franck, Merci pour ta « recette » de terreau.

    Ton article sur le saule est vraiment très complet. pour ma part j’ai essayé il y a 2 ans de préparer une « solution de bouturage » avec des branches jeunes de saules mais cela n’avait pas fonctionné. Je vais recommencer l’expérience. Merci

    Jenny

  • Atalanta dit

    Merci pour ces précisions, Franck. C’est vraiment passionnant, même si j’en suis encore à des balbutiements de maraîchère par rapport à toi.

  • Franck dit

    Bonjour Jenny,
    pour les boutures, j’utilise un osier qui a 12 mois. La section de la tige est au minimum de 1,5 cm. Plus petit, je crains qu’il n’ai pas assez de force dans la tige. Je la plante directement en terre dans un sol détrempé voir boueux. Chez moi, le sol est argileux. S’il est plus léger, les chances de réussite sont encore meilleures.
    A bientôt !
    Franck des Ateliers en Herbe.

  • Franck dit

    Atalanta,
    L’important est de jardin avec la nature et non contre les forces naturels. Ainsi tout vient à qui sait attendre car le jardinage est rythmé saison aprés saison. En fonction du lieu, les plus férus organisent un jardin d’été et un jardin d’hiver. Le second est exceptionnel pour la santé.$
    Tu connais peut-être le potager en lasagne. J’y prends beaucoup de plaisirs que je partage sur mon site.
    A bientôt !
    Franck des Ateliers en Herbe.

  • Agathe dit

    Bonjour Franck,
    tu dis que tu recycles bcp de palettes au potager, de quelle façon ? Car je suis en train de concevoir le mien et je cherche à « borner » mes espaces de cultures avec des planches de bois. Bien entendu, en mode radin ;-)
    Sur les photos de ton potager, j’ai l’impression de voir des madriers qui entourent tes cultures, ça a l’air d’être une grosse section de planche ? ou as-tu trouvé cela ?
    Je vois aussi que tu as fait des carrés et une grande « bande », quelles sont leurs dimensions ?
    Pour ma part, je vais cultiver environ 500 m², dont 160 m² sous serre tunnel, afin de tendre vers l’autonomie pour deux. Je suis vraiment admirative, 175 m² pour être autonome pour 4 !!!!
    Merci de ton article.

  • Franck dit

    Bonjour Agathe et merci pour votre question qui aide la communauté…

    Je vous confirme que notre potager en carré est réalisé en madrier de pin douglas. Cela a été le premier et le dernier de nos investissements. Aujourd’hui encore, ils sont en place après 8 ans mais plus pour très longtemps. Une scierie nous a fournit le bois. Nous avons 13 carrés de 1mx1m.

    Les grandes plate-bandes que tu as vu mesure 22m x 2m pour la plus large. Parallèlement, il y en a une seconde de 22 x 1m. Dans ces deux parties, nous faisions des carrés de 50cm x 50cm pour organiser les rotations sur 6 ans et les associations. Dans la grande planche, il y a des fruitiers avec au pieds des aromatiques pour dissuader les ravageurs. Aujourd’hui nous mélangeons tout car nous n’avons plus de temps de mener une quelconques organisation. Le reste du jardin est confectionné de lasagne. L’an passé j’ai collecté 120m² de déchets vert.

    Pour les palettes, j’ai confectionné une aire de compostage de 4 compartiments de 1m x1m et une aire de pré-stockage de déchet de 50m² environ. Cette année, j’ai réalisé plusieurs jardin suspendu comme on voit généralement sur internet. J’ai même cultivé une version urbaine avec une palette posée au sol remplit de terreau « maison » (1/3 de compost, 1/3 de terre du jardin, 1/3 de sable à bâtir (concassé de calcaire). J’ai fais aussi du mobilier pour observer mon jardin. Malheureusement, je n’ai plus de photos actuellement car mon disque dur est en réparation. Je mettrai un lien dès que possible… L’an prochain, je testerai les jardin verticaux de 1m x 1m avec des pommes de terre au centre et de la verdure sur les pourtours.

    Autonomie plus que jamais, nous réfléchissons à la création d’un jardin forêt sur 1800m² environ à l’emplacement actuel de tous nos trucs. Aujourd’hui de plus en plus de légumes se ressèment spontanément. Voici ce que nous recherchons…

    A+
    Franck
    http://www.lesateliersenherbe.com

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