La poire de terre ou yacon, culture, entretien, consommation


La poire de terre ou yacon

21 janvier 2015 |   Auteur: Jenny Gloster 

Jean de Trélazé m’a donné envie de cultiver la poire de terre quand il m’a transmis, il y a 2 ans, pour mon blog, son article ‘mon légume préféré‘.
Je cultive donc cette ‘nouveauté’ depuis 2 ans maintenant et je suis contente de l’avoir dans mon jardin. En réalité la poire de terre est loin d’être une nouveauté, elle était cultivée dans les Andes par les Incas il y a des siècles!
Ce tubercule est intéressant à plusieurs titres : Bon pour la santé, facile à cultiver, peu ou pas de maladies, récoltes généreuses et agréable à manger.



 

C’est quoi la poire de terre ?

tubercules de yacon
Un pied de poire de terre donne pas mal de tubercules

La poire de terre ou Yacon (Smallanthus sonchifolius) est une plante pérenne originaire d’Amérique de sud. Ses tubercules ressemblent à ceux des dahlias ou des pommes de terre allongées et effilées aux bouts. Les tubercules se mangent crus ou cuits. Les feuilles sont également comestibles et se « farcent » comme les feuilles de chou ou de vignes.
Le goût de ces tubercules est assez difficile à définir : Entre pastèque, pomme et poire. Je retrouve aussi le goût des bonnes carottes nouvelles. Sa chair est ferme, croquante et très juteuse (‘yacon’ veux dire ‘racine d’eau’ dans le langage des incas).

Les bienfaits du yacon

La poire de terre est riche en inuline, un sucre indigeste, qui donne au tubercule son goût sucré. Comme ce sucre n’est pas absorbé ou digéré par notre organisme, les poires de terres sont très peu caloriques. L’inuline a aussi un effet prébiotique qui stimule la croissance des bactéries intestinales bénéfiques ; ce qui aide à améliorer l’absorption des minéraux, booste le système immunitaire et favorise une bonne digestion.
Ce tubercule est particulièrement intéressant pour les personnes diabétiques et on le trouve de plus en plus sous forme de sirop, jus et poudre.

La culture de la poire de terre :

Cette culture est extrêmement facile. On dit que la plante n’a presque pas de parasite ni de maladie ! Pour l’instant je le constate !
Elle pousse lentement au printemps mais dès que les températures montent en été la croissance est très rapide. Ses longues tiges (d’environ 2m) font penser aux topinambours et les grandes feuilles triangulaires lui donnent presque un aspect de plante tropicale. Les fleurs jaunes, relativement petites apparaissent en septembre.

L’ensemble de ‘la racine’ comprend 2 parties :

collet poire de terre
Voici comment se présente le collet du yacon

• Le collet (ou couronne) qui pousse juste au-dessous du niveau de la terre. Il ressemble un peu à des topinambours. C’est cette partie que l’on divise au printemps pour faire des nouveaux plants.
• Les tubercules, que l’on mange. Ils sont attachés au collet et poussent dans la terre. Ils stockent l’énergie de la plante.

La plantation du yacon

Les plants demandent pas mal de place, aussi, si vous en mettez plusieurs il vaut mieux laisser 1.5m entre chaque pied. La poire de terre préfère une exposition bien ensoleillée, un sol enrichi de compost et bien drainant. Arrosez la première année si la terre est sèche.

La récolte

feuilles de poire de terre
Les feuilles de poire de terre ont un peu souffert du gel, c’est le moment propice pour effectuer la récolte des tubercules.

Quand les premières gelées ont touché les feuilles (mais avant que la terre ne soit gelée) c’est le moment de récolter les tubercules. Les feuilles flétrissent et deviennent noires. C’est important d’attendre ce coup de froid, comme pour le panais, les poires de terre deviennent plus sucrées.
Je coupe les tiges à 10 cm du sol et avec l’aide d’une fourche je déterre délicatement l’ensemble de la plante. Les tubercules sont nombreux et serrés et les plus longs se cassent assez facilement (je donne ceux-ci à nos cochons d’Inde ou aux chevaux– ils les adorent!).
Je détache les plus grands tubercules (je laisse les petits attachés au collet) et j’enlève la terre avec une brosse avant de les mettre dans un cageot. Puis je mets le ‘collet ou couronne’ dans un autre cageot rempli de terreau que je mets hors gel jusqu’au printemps pour faire de nouveaux plants.

La multiplication des poires de terre

En octobre 2013, je vous avais présenté une méthode de bouturage de la poire de terre. A l’époque je démarrais cette culture et je ne voulais pas sacrifier de tubercules pour la plantation.
Je vous présente aujourd’hui une méthode de multiplication bien plus simple.
Au printemps il suffit de séparer le collet en plusieurs morceaux, en vérifiant qu’il existe au moins une ‘pousse’ sur chaque bout. Certains morceaux auront un tubercule attaché mais ce n’est pas obligatoire. Je plante ces bouts dans des pots remplis de terreau. Quand ils ont poussé, je les plante dehors (une fois le risque de gelées passé).



 

Le stockage :

plants  de poires de terre
Les plants sont prêts pour l’année prochaine et il ne reste plus qu’à sécher les tubercules

On dit (et je suis d’accord) que c’est bien de sécher la peau des tubercules au soleil plusieurs jours avant de les stocker pour l’hiver pour qu’ils se conservent mieux. En général ils se gardent plusieurs mois dans un endroit frais et sec.
J’ai constaté que les poires de terre deviennent nettement plus sucrées progressivement après la récolte. Ne soyez pas déçus si vous les trouver un peu fade à la récolte – en quelques semaines vous verrez la différence !
Je trouve ce tubercule très intéressant et même si on n’en mange pas tous les jours, je suis très contente d’ajouter la poire de terre sur ma liste de cultures préférées.

Dans un prochain article je proposerai quelques recettes de poire de terre !



18 Commentaires

  • Brigitte dit

    Bravo Jenny pour cet article. J’hésitais… j’en plante, j’en plante pas….et bien je crois que je viens de décider, je vais en planter. Merci Jenny pour ce partage qui m’a bien éclairée

  • Isa d'Ecolo-bio-nature dit

    Bonjour,

    Merci pour cet article très intéressant.
    J’avais essayé la poire de terre il y a quelques années, mais sans résultat. Le tubercule n’avait pas poussé (il faut dire qu’il m’avait paru bien sec lorsque je l’avais reçu). Vu le prix d’achat excessif (6 euros pour un), je n’ai pas retenté l’expérience, mais cet article m’en donne l’envie.

    Amicalement,
    Isa

  • Faire son récupérateur d'eau dit

    Bonjour Jenny
    Je ne connaissais pas du tout cette poire de terre, merci beaucoup de nous la faire découvrir.
    Je ne pense pas me laisser tenter par sa culture vu le peu de terrain que j’ai mais c’est toujours bon de connaître ces différents légumes !

  • Lara dit

    Bonjour Jenny, je consulte  »copieusement » votre blog depuis aujourd’hui seulement. Quelle créativité, grand bravo ! J’aimerais beaucoup faire un essai de poire de terre cette année, aussi, mises à part les semenciers, sauriez vous me conseiller dans la recherche de plants?

    Au plaisir de vous lire,
    Lara

  • Jardin-Moselle dit

    Une découverte pour moi, je ne savais pas du tout que cette plante existait… un gout sucré ça pourrait plaire aux enfants du coup! par contre dans mon tout petit potager je ne pourrait pas en mettre beaucoup!

    hâte de voir comment tu les cuisine.
    bonne semaine

  • Jenny Gloster dit

    @tous, merci pour vos commentaires.
    J’ai acheté mes premiers tubercules à la ferme Sainte Marthe. D’après certains d’entre vous (sur ma page facebook) c’est effectivement un peu cher. Par contre cela ne s’achète qu’une fois puisque par la suite vous reproduisez vous-mêmes.
    Pour ma part, je ne cultive la poire de terre que depuis 2 ans. Je ne dispose donc pas de plants disponibles (en rab)
    Patience, les recettes arrivent!
    Jenny

  • yvon dit

    Bonjour Jenny, et bonne année,
    Je suis triste car je ne reçois plus tes mots que j’aime tant.
    Pourtant, j’ai été très sage, le Père Noël me l’a prouvé.
    S’il te plait, Jenny, écris-moi encore, cela me rendrait si heureux!
    Amicalement!
    Yvon

  • Frédérique dit

    Ça donne envie tout cela…. Je vais en parler à mon petit groupe de passionnées. On pourrait peut-être en acheter à plusieurs.
    Yvon. a moi non plus, Jenny ne m’envoyait plus de gentils mots me signalant ses publications… Éjectée de sa liste ! Mais comme je suis tenace et adepte de ses billets, je me suis réinscrite ! Ah mais !!! (lol)
    Belle soirée.
    Frédérique

  • picowatt dit

    haa un bon souvenir, j’en avais mangé lors d’un voyage en argentine. c’est plus croquant que la pomme de terre :)

  • MICHAUD dit

    Merci Jenny pour ton blog qui est super intéressant ! Je pense que je vais tenter la culture de ces poires de terre qui semble présenter un intérêt certain pour le potager bio. Merci pour toutes les astuces que tu nous transmets avec tant de passion et de générosité. Grâce à l’e-book « Enrichir sa terre pendant l’hiver » sur lequel tu nous décris très précisément la composition des buttes en lasagne et sur les conseils de Gilles Dubus de JARDIN BIO que tu connais je pense, j’ai mis ce procédé en application depuis ce printemps. Mon jardin étant assez grand, autant dire que je ne chôme pas ! Mais la passion aidant, je ne vois pas le temps passer !
    Encore merci.

  • Jenny Gloster dit

    @Michaud, merci pour ce commentaire et ces compliments.
    Je connais gilles et B-actif vient d’ailleurs de poster un article invité parlant de consoude sur le blog de Gilles, voir http://www.un-jardin-bio.com/la-consoude-plante-engrais/
    Jenny

  • JOHNSON dit

    Merci pour cette information très importante. Où peut-on trouver du yacon pour planter ?

  • Eglantine dit

    Pour info, les pépinières Végétal 85 en Vendée en vendent.

  • Sandrine du jardin d'Ys dit

    Merci beaucoup Jenny pour ce superbe article. Je ne connaissais pas du tout la poire de terre.
    J’ajoute de ce pas le yacon dans ma liste des plantes à faire pousser. Mais où puis-je en trouver ?

  • Barthelemy sophie dit

    bonjour j’ai acheté 4 plants, il y a 2 ans, sur le bon coin, 5 euro le pied, suite a l’achat chez baumeau a 7.90 euros le plant , qui n’a jamais poussé, et pour cause j’avais reçu un mini truc tout sec, qui a fini par pourrir.
    Aujourd’hui j’ai plus de 15 pieds dans des boites a chaussures pour le printemps prochain, je pense pouvoir diviser en 2017

    Perso je la croque cru en bâton comme une carotte.!!! A découvrir les enfants adorent !!!!
    Je pense vendre des plants l’année prochaine , sur des brocantes . Cause surplus.

  • marie_claire le fournis dit

    j’ai cultivé ce légume pour la première fois; un plant que je viens de récolter. Bonne surprise à la vue de ces énormes tubercules! J’en ai cuisiné un en gratin aussitôt; ma fille a apprécié et elle comptait terminer le reste le lendemain mais celui ci avait pris une couleur bleue qui l’a inquiété et rebutée. Quelqu’un pourrait-il me dire si comme les artichauts cette oxydation(?) nuit à la consommation du plat le lendemain?

  • Semour dit

    Bonjour à tous, après avoir lu La fleur au fusil de George Oxley ( que je vous invite à lire ), je fais une recherche sur le Yacon et je tombe sur toi Jenny ! J ai un bon flair !
    Peux tu me dire où je peux ht des graines bio de ce tubercule stp merci beaucoup

  • Glaize dit

    Bonjour,je suis dans le sud de la France,faut il arroser l’été les yacons? Merci

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